Pas d’affiches électorales dans le hall du temple, pas de professions de foi : l’élection du conseil presbytéral ne ressemble à aucune autre élection. Mais dans nos deux Églises d’Alsace et de Moselle, elle obéit à un cadre juridique précis, hérité du décret du 26 mars 1852 et de son arrêté d’application. Voici, concrètement, ce qui attend nos paroisses pour les élections de février 2027.
En ce qui concerne la composition. Le conseil presbytéral est composé de six à seize membres laïcs, selon la taille de la paroisse : 6 membres pour moins de 500 inscrits au registre paroissial, 8 de 500 à 800, 10 de 800 à 1 500, 12 de 1 500 à 2 500, 14 de 2 500 à 5 000, et 16 au-delà. Le/La ou les pasteurs en service dans la paroisse en sont membres de droit, sans élection.
Un mandat de six ans, renouvelé par moitié. C’est la grande différence avec le reste du protestantisme français : chez nous, le conseil n’est pas renouvelé en bloc tous les quatre ans, mais par moitié tous les trois ans, pour assurer une continuité. Nul ne peut accomplir plus de trois mandats consécutifs. Une personne élue en cours de mandat, pour remplacer un membre démissionnaire ou décédé, ne siège que jusqu’au terme du mandat initial — mais ce temps compte tout de même comme un mandat complet.
Qui peut voter, qui peut être élu ? Il faut être majeur, résider dans la paroisse depuis plus de six mois, et être inscrit au registre paroissial; lequel est révisé chaque année. Ne peuvent en revanche pas être élus : les salariés de la paroisse, les parents et alliés du pasteur, ni les ascendants, descendants, frères et sœurs ou alliés d’un membre déjà élu au même conseil (des dérogations existent pour les petites paroisses de moins de 60 électeurs).
Un scrutin, pas un vote de liste. Le vote a lieu à bulletin secret, à la majorité absolue au premier tour puis relative au second si besoin. Chaque électeur votant pour des personnes, et non pour une liste fermée. Le vote par correspondance est possible, selon des modalités précises (double enveloppe). Après chaque renouvellement triennal, le nouveau conseil élit en son sein un président, un vice-président, un trésorier et un secrétaire.
Ce que cela signifie pour nous, aujourd’hui : entre l’été 2026 et la fin de l’année, nos paroisses vont rechercher et discerner, ensemble, les personnes qui pourraient être appelées à ce service. Se voir proposer ce chemin n’a donc rien d’une candidature politique, c’est une invitation, née d’un vrai travail de discernement collectif, bien avant que les noms n’apparaissent sur un bulletin.
Un point mérite d’être précisé, car il revient souvent dans les questions posées aux conseils sortants : que se passe-t-il si, après le scrutin, il manque encore des membres ? Si le conseil presbytéral n’atteint pas le tiers de ses effectifs requis, des élections complémentaires doivent être organisées. Mais contrairement à une idée reçue parfois entendue, une paroisse dont le conseil serait incomplet n’est pas placée « sous tutelle » du consistoire : tant que la moitié au moins des membres est présente, ses délibérations restent pleinement valables. De quoi aborder cette élection avec sérénité, plutôt qu’avec la crainte de ne pas trouver assez de monde.
Actes 6, 1-7 (l’élection des Sept)
« Choisissez parmi vous sept hommes, de qui l’on rende un bon témoignage, qui soient pleins d’Esprit-Saint et de sagesse. »

