1er dimanche du temps de la Passion : confiance et de réconfort
1er dimanche du temps de la Passion : confiance et de réconfort

Hébreux 4, 14-16
Extrait : Puisque nous avons un grand prêtre qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, restons attachés à ce que nous reconnaissons publiquement.
Nous voilà dans le temps de la Passion ou Carême, période de 40 jours qui prépare nos cœurs à la lumière de Pâques.
Dans la tradition protestante, le Carême n’est pas un temps d’austérité forcée, mais un
temps de réorientation, un temps où l’on revient à l’essentiel : la grâce, la vérité (envers nous-même et Dieu), la relation vivante avec Dieu.
Frères et sœurs,
comme je le disais au début de ce culte, nous voilà dans le temps de la Passion ou
Carême, période de 40 jours qui prépare nos cœurs à la lumière de Pâques.
Dans la tradition protestante, le Carême n’est pas un temps d’austérité forcée, mais un
temps de réorientation, un temps où l’on revient à l’essentiel :
- à la grâce
- à la vérité, (vérité envers nous même et envers Dieu)
-à la relation vivante avec Dieu.
Et aujourd’hui, la Parole que nous recevons en Hébreux 4,14-16 est une parole de
confiance et de réconfort.
Un texte qui ne nous met pas devant nos manques, mais devant le Christ qui nous
porte.
- Nos tentations et nos épreuves – la réalité humaine
Le Carême commence traditionnellement avec le thème de la tentation.
Et la tentation, dans la Bible comme dans nos vies, n’est pas d’abord une question de
morale :
c’est une question de confiance.
Être tenté, c’est être mis à l’épreuve dans ce qui nous constitue profondément.
C’est être tiré vers ce qui nous éloigne de Dieu, de nous-mêmes, des autres.
Et si nous sommes honnêtes, chacun de nous doit le reconnaître :
nous savons ce que sont les tentations.
La tentation du découragement, quand les événements du monde nous pèsent.
- La tentation de l’indifférence, quand nos forces morales diminuent.
- La tentation de la colère ou de la rancœur.
- La tentation de l’inquiétude permanente.
- La tentation de vivre sans prière, sans écoute intérieure.
- La tentation de croire que nous n’avons plus notre place dans l’Église, dans la
société, pour une vie spirituelle.
Les épreuves, elles aussi, sont là :
la maladie, les fragilités, les deuils, les tensions familiales, les angoisses pour demain.
Le texte de l’épître aux Hébreux reconnaît tout cela.
Il ne dit pas : « soyez forts ».
Il dit : Dieu sait, Dieu comprend, Dieu rejoint.
Ce n’est pas un appel à la performance spirituelle, mais à la vérité et à l’humilité.
- Jésus tenté comme nous – un frère qui marche à nos côtés
« Il a été tenté comme nous, en toutes choses, sans commettre le péché. » (fin du verset
15 dans notre texte).
Cette phrase bouleverse.
Notre Sauveur, Jésus, n’a pas vécu au-dessus du monde, comme un être intouchable.
Il a partagé notre condition humaine.
Il a connu :
- la faim,
- la peur,
- la lassitude,
- les incompréhensions,
- les oppositions,
- la solitude,
- et même le sentiment d’abandon.
Pourquoi est-ce si important ? Parce qu’un Dieu lointain peut impressionner un Dieu juge peut effrayer, mais un Dieu proche, un Dieu solidaire, cela change tout.
Jésus ne regarde pas notre vie de loin. Il en connaît la texture, le goût, la difficulté
Comment Jésus affronte-t-il la tentation ?
Non pas par la force de caractère.
Non pas par la rigidité morale.
Mais par :
- La Parole de Dieu, qui lui rappelle la fidélité du Père.
- La confiance, simple, sans bruit, ancrée dans l’amour reçu.
- La prière, qui l’unit à la source du courage.
Jésus nous montre que la tentation n’est pas un piège pour nous écraser,
mais un lieu où Dieu peut nous rejoindre et nous fortifier. - Jésus, Grand Prêtre – Celui qui porte notre vie devant Dieu
Hébreux nous présente Jésus comme notre grand prêtre, notre grand sacrificateur.
Dans l’Ancien Testament, le prêtre était celui qui entrait dans le lieu très saint pour
présenter le peuple à Dieu.
Il offrait un sacrifice pour les fautes, pour la réconciliation.
Mais Jésus ne fait pas un sacrifice extérieur.
Il s’offre lui-même.
Son sacrifice n’est pas un rituel : c’est un acte d’amour, donné une fois pour toutes.
Et cela signifie quelque chose de capital : Nous n’avons plus besoin de nous présenter à Dieu seuls. Jésus se tient devant Dieu avec nous, il porte nos vies, nos prières, nos manques, nos combats, nos espoirs.
Il ne se lasse jamais d’intercéder pour nous.
Là où nous voyons notre faiblesse, lui voit une vie digne d’être portée, aimée, sauvée.
Le prêtre humain n’entrait dans le sanctuaire qu’une fois par an.
Mais Jésus, lui, est toujours auprès du Père. - Le trône de grâce – l’invitation la plus belle du Nouveau Testament
« Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce. » ( verset 16)
C’est peut-être une des paroles les plus merveilleuses de toute l’Écriture.
Dieu n’est pas sur un trône de jugement, ni de condamnation, ni de reproches.
Il est sur un trône de grâce.
Et la grâce, c’est quoi ?
- L’accueil inconditionnel.
- Le pardon offert.
- La paix déposée.
- La tendresse donnée.
- La présence qui reste, même quand tout vacille.
S’approcher « avec assurance » ne signifie pas : « Soyez sûrs de vous ».
Non.
Cela signifie : « Ayez confiance en lui, car lui est fidèle.
Ce trône de grâce est pour tous :
Pour celui qui doute, pour celle qui pleure, pour celui qui s’interroge, pour celle qui ne sait plus prier, pour celui qui n’ose plus demander, pour celle qui croit n’avoir plus de force, pour celui qui pense ne plus mériter quoi que ce soit.
Le trône de grâce est un trône où nous sommes reçus comme des enfants.
Conclusion – Le chemin du Carême
Avec l’épître aux Hébreux de ce dimanche nous pourrions retenir ceci pour cheminer
jusqu’à Pâques : - Nos tentations et nos épreuves n’effraient pas Dieu.
- Jésus comprend parfaitement ce que nous vivons.
- Il porte notre vie devant le Père, sans fatigue, sans lassitude.
- Et un trône de grâce nous attend, aujourd’hui et chaque jour.
Le Carême n’est pas une montée pour prouver quelque chose, mais une descente vers l’essentiel :
la grâce de Dieu, la présence de Jésus, la paix de l’Esprit.
Puissions-nous vivre ces quarante jours comme une marche vers la confiance.
Amen.

