Le dévoilement qui transforme

1 février, 2026
Le dévoilement qui transforme
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Matthieu 17 : 1-9, Apocalypse 1 : 9-18.

Extrait Ap1,9-18 Quand je le vis, je tombai à ses pieds, comme mort. Alors il posa sur moi sa main droite, en disant : N’aie pas peur ! C’est moi qui suis le premier et le dernier.

Extrait de Mat 17, 1-9 Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, son frère, et il les conduit à l’écart sur une haute montagne (…) Mais Jésus s’approcha, les toucha de la main et dit : Levez-vous, n’ayez pas peur !

Quand je le vis, je tombai à ses pieds, comme mort. Alors il posa sur moi sa main droite, en disant : N’aie pas peur ! C’est moi qui suis le premier et le dernier. Extrait d’Apocalypse 1:9-18 (17)

Frères et sœurs, les deux textes que nous venons d’écouter nous parle de théophanie, autrement dit, de dévoilement du divin à l’humain. Mais avant d’aborder le cœur de notre méditation de ce matin, faisons une halte sur image. Celle que je vous ai distribuer, Je me suis amusé à demander à Chatgpt de décrire par l’image le Christ de la révélation de Jean.

Résultat : un Christ terrifiant, digne des supers héros Marvel. C’est ne pas de ce Christ imagé qu’il est question dans notre texte. Voyez-vous, il est des moments dans la vie de foi où quelque chose se lève, se fendille et presque se déchire. Un instant où le réel, tel que nous le connaissions, ne disparaît pas, mais se révèle, se dévoile autrement. Les Écritures appellent cela la révélation (apocalypsis en grec), dévoilement, le rédacteur de Matthieu appelle cela la transfiguration. Non pas une fuite hors du monde, mais une profondeur nouvelle donnée au monde.

Les deux textes de ce jour nous placent précisément dans ces instants-limites, où la révélation divine nous invite à réinterroger notre rapport au monde. Dans l’Apocalypse, Jean est en exil, relégué à Patmos, isolé, et probablement découragé. Dans l’Évangile, les disciples (Pierre, Jacques et Jean) montent sur une haute montagne, à l’écart, alors même que Jésus vient d’annoncer sa passion. Dans les deux cas, le contexte est sombre. Et c’est là, précisément là, que le voile se lève, c’est précisément là que le texte nous dérange, que notre vision de Dieu

est invitée à être évangélisé. Dans l’Apocalypse1 : 9-18, Jean ne reçoit pas d’abord un message rassurant, mais une vision bouleversante. Celui qu’il voit ressemble à un « Fils d’homme », mais transfiguré par une lumière insoutenable : cheveux blancs comme la neige, yeux comme une flamme de feu, voix comme le bruit des grandes eaux. Jean tombe comme mort. Et voilà que la révélation ne commence pas par la compréhension, mais par le saisissement, par la peur nous dit le texte. Car voyez-vous, frères et sœurs, le dévoilement de Dieu n’est jamais neutre : il déstabilise, il déplace, il met à nu nos images trop profane de Dieu.

Il en va de même sur la montagne de la transfiguration. Jésus n’est pas changé en quelqu’un d’autre : il est révélé pour ce qu’il est. Sa lumière n’est pas ajoutée de l’extérieur, elle jaillit de l’intérieur. Moïse et Élie apparaissent, la Loi et les Prophètes, comme pour dire que toute l’histoire biblique converge vers ce moment. Et là aussi, les disciples tombent face contre terre, saisis par la crainte. Là encore, le dévoilement ne rassure pas immédiatement, mais il fait peur ; il a quelque chose de l’ordre de la transcendance qui nous met à nu.

Et pourtant, dans les deux récits, un geste, une parole vient rompre la peur. Dans l’Apocalypse : « Ne crains pas. Je suis le Premier et le Dernier, le Vivant. » Sur la montagne : Jésus s’approche, touche les disciples et leur dit : « Relevez-vous, n’ayez pas peur. » Le dévoilement n’a pas pour but d’écraser l’humain, mais de le relever. Il semble que plus de 365 fois dans la Bible il est dit « ne crains pas », je n’ai jamais vérifié mais cela dit l’essentiel du message que nous portons, du dieu nous nous sommes témoins, il nous dit : « ne crains pas ». Voyez-vous, la révélation authentique de Dieu ne fige pas dans la stupeur ; elle remet debout.

C’est là un point essentiel pour notre foi. La transfiguration n’est pas une parenthèse mystique destinée à quelques privilégiés. Elle est une pédagogie. Elle montre ce qui demeure caché au cœur du réel : la présence de Dieu au milieu de l’histoire, y compris et surtout quand celle-ci semble obscure. Et notre histoire humaine, contemporaine, actuelle, nous en dit plus ; quand tout nous pousse à la peur et que certaines personnes s’érigent en de dieu ou en operateurs divin, l’évangile nous dit, ne crains rien. Car oui, la présence de Dieu est au milieu de l’histoire, y compris et surtout quand celle-ci semble obscure. Jean est en exil ; les disciples redescendront de la montagne vers Jérusalem, vers la croix. Et la lumière, le dévoilement divin ne vient pas supprimer la nuit, mais nous révèle une traversée possible.

Il est frappant de constater que, dans les deux textes, la révélation est suivie d’un envoi. Jean reçoit mission d’écrire aux Églises. Les disciples doivent redescendre et garder le silence jusqu’à Pâques. Le dévoilement n’est jamais une fin en soi, il engage une responsabilité : celle de voir autrement, il nous oblige aussi à vivre autrement.

Pour nous aujourd’hui, ces textes posent une question brûlante : où cherchons-nous la gloire de Dieu ? Souvent dans l’extraordinaire, le spectaculaire, l’évident, dans la puissance de ce monde, dans la logique du plus fort. Or la transfiguration nous apprend que la gloire se dévoile un instant pour mieux se cacher ensuite dans l’ordinaire, dans le chemin, dans la fidélité. Jésus est le même sur la montagne et sur la route. Simplement, les disciples ont désormais vu ce qui, jusque-là, leur échappait, un fils de Dieu dans la banale proximité avec l’humain.

Peut-être est-ce cela, le cœur de la foi chrétienne : apprendre à vivre sans cesse entre dévoilement et voilement. Accueillir les moments de lumière sans vouloir les retenir, comme Pierre avec ses tentes. Accepter de redescendre dans la vallée, porteurs d’une mémoire, d’une promesse. La transfiguration ne nous retire pas du monde ; elle nous y renvoie, transfigurés à notre tour par un regard nouveau, sur Dieu, sur nous-même et sur le monde surtout en des temps comme ceux-ci où nous sommes appelés à faire des choix consciencieux pour les élections par exemple.

« Écoutez-le », dit la voix. Écouter le Christ, écoutons le Christ ; l’écouter c’est consentir à ce dévoilement progressif de Dieu dans nos vies, un dévoilement qui ne supprime ni les épreuves ni les questions, mais qui nous assure d’une chose essentielle : le Vivant marche avec nous, et sa lumière ne s’éteint pas, même quand nos yeux peinent à la discerner.

Que Dieu nous soit en aide,

Amen.

 

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